Valère sur les chemins de Saint-Jacques

1er avril 2004, grand départ de la maison à Toernich (Arlon, Belgique) encadré de quelques amis qui m’accompagnent à la porte du village comme cela se faisait au Moyen-âge : une façon de me signifier leur support tout au long de mon périple.
Jusqu’à Vézelay, 2ème point de départ principal des chemins français de Saint-Jacques, j’emprunte les petites routes départementales françaises, histoire de se faire la main (ou les pieds) avec le CARRIX dont l’achat doit permettre de soulager mon dos. En effet, grâce au CARRIX, la charge réelle de mon sac (15 kilos) ne représente sur mes épaules qu’environ 30% de son poids.
L’effervescence, la fougue du départ mais aussi l’absence de gîte au bon endroit, m’incitent à allonger les 1ères étapes. L’imprudence se paie le 3ème jour par une tendinite au pied gauche qu’il me faudra gérer pendant toute la durée du pèlerinage. Aucune difficulté à signaler avec le CARRIX, sinon la perte d’un écrou qui m’oblige à effectuer une réparation de fortune avant de retrouver un écrou identique. Ce jour-là, j’apprends à vérifier et à resserrer les écrous régulièrement.
Souhaitant rejoindre Saint-Jacques par le chemin historique qu’emprunta en 951 Gotescalc l’Evêque du Puy, je suis successivement le GR13 et le GR3 dans des conditions climatiques très défavorables : la pluie persistante rend les chemins du Morvan très boueux et glissants obligeant le port du charroi à plusieurs reprises soit 2,7 kilos en plus du sac. C’est vrai que les branches basses du chemin s’accrochent parfois aux brancards du CARRIX : je n’ai pas pris la précaution de les démonter me contentant de rêver à un CARRIX à bras télescopiques.
Au départ du Puy-en-Velay, le GR65 présente un dénivelé très important sur des sentes de muletier rocailleuses : de nouveau, le port du charroi s’avère quelquefois nécessaire au cœur des magnifiques régions du Velay et de la Margeride. La traversée du Massif Central et tout spécialement l’Aubrac peut, en fonction du temps, se révéler paradisiaque. Le 5 et le 6 mai, la pluie glaciale continue à grossir les filets d’eau : les chemins deviennent ruisseaux; je rêve d’un « CARRIX bateau » ; à défaut, le franchissement des clôtures n’est pas de tout repos ; la grêle fait place à la neige qui, rapide, métamorphose la région devenue pour un jour l’enfer de l’Aubrac : ici, pour quelques heures, je souhaite avoir un « CARRIX traîneau » ; la neige recouvre tout, le brouillard rend les balises invisibles ; le risque de se perdre est permanent...Pour tous les randonneurs, ce jour est marqué d’une croix noire. Avec le recul, ce fut, pour le moins, une randonnée aventureuse.
La traversée du Quercy et des Causses annonce des chemins à dénivelés moins prononcés. La sortie de Cahors m’impose de porter le charroi pour monter les hautes marches taillées dans le roc. C’est à ce moment tout spécialement que la 2ème roue du CARRIX, en option, eût été précieuse.
La Gascogne et la Navarre présentent des reliefs nettement moins tourmentés et le beau temps revenu contribue à la beauté de la promenade.
Les étapes pyrénéennes tant redoutées sont finalement franchies sans difficulté majeure, le brouillard ambiant ne constituant pas un réel obstacle. Un portage de routine permet d’éviter une traction pénible durant les kilomètres les plus pentus.
Le « Camino Francés » opère la fusion des chemins français à Puente la Reina. La majeure partie du chemin en territoire espagnol sillonne des régions perchées à environ 800 mètres d’altitude sans toutefois présenter d’importants dénivelés. Fort de l’expérience française, le CARRIX facilite le passage en « pilotage automatique »....Débarrassé des contraintes physiques et matérielles, le cheminement intérieur trouve toute sa profondeur. Bien sûr tout n’est pas joué : la hausse très nette de la température provoque quelques petits bobos : inflammation des tendons, ampoules mal placées...Il faut laisser le corps s’adapter à ces nouvelles conditions ; de nouvelles habitudes sont adoptées telles que l’aération fréquente des pieds, le repos régulier...
Pendant ce temps, le CARRIX s’adapte aux nombreux besoins du pèlerin. Durant la randonnée, il sert de « sèche-linge » lorsque la nuit a été trop courte voire humide ; parfois, il dépanne un randonneur victime d’un claquage musculaire...Il devient un compagnon fidèle, jalousé par des pèlerins trop chargés.
Restent deux petites difficultés surmontées aisément : la Cruz de Ferro du mont El Acebo, puis le mont O’Cebreiro, porte de la Galice.
Les senteurs d’eucalyptus me rapprochent de Santiago de Compostela qui n’est déjà plus qu’à 100 km. Désormais, tous les 500 mètres, une borne signale la distance jusqu’à Santiago.
Arrivé le 23 juin au terme de ce périple de 2.335 km, je suis content d’avoir trouvé les ressources pour atteindre l’objectif, soulagé aussi de n’avoir pas subi de crevaisons que je savais toutefois au départ pouvoir éviter en adoptant un CARRIX à pneu plein et pleinement satisfait du CARRIX.

Et comme tout pèlerin, le chemin fini, je sais que le vrai chemin commence...les 2 pieds sur terre et le nez dans les étoiles.

Tous les détails et photos de ce pèlerinage sur le site
www.valere-vers-st-jacques.be.tf